Déroulé d'une séance de Hijama : à quoi s'attendre
Ce qui se passe lors d'une séance de Hijama : anamnèse, hygiène, geste technique et consignes post-séance, étape par étape.
Une première séance de Hijama, ça laisse des questions. Ce qu’on va ressentir. Comment ça se passe vraiment. Si c’est douloureux. Ce guide décrit le déroulé d’une séance sérieuse — pas une publicité, une description honnête, étape par étape. Que vous veniez en tant que client, ou que vous envisagiez d’apprendre ce soin, la réalité du geste mérite d’être connue sans détour.
Avant même de s’allonger : l’accueil et l’anamnèse
Toute séance sérieuse commence avant le geste. Un bon praticien consacre un temps d’échange à l’entrée : pourquoi cette démarche, quel contexte de santé général, quels médicaments en cours, allergies connues, état de la peau. Ce n’est pas un interrogatoire médical — un praticien bien-être ne pratique pas la médecine — mais une précaution indispensable pour identifier les contre-indications.
Ces contre-indications existent, et elles comptent. Parmi les principales : troubles de la coagulation ou hémophilie, prise d’anticoagulants (aspirine à forte dose, warfarine, entre autres), plaies ouvertes sur les zones à traiter, fièvre, grossesse sur certaines zones, peau très inflammée ou infectée. Si un doute apparaît, le praticien oriente vers un médecin. C’est exactement ce qu’il doit faire.
Soyons directs là-dessus : la Hijama relève de l’accompagnement du bien-être, pas du soin médical. Un praticien sérieux ne pose pas de diagnostic, ne traite pas de pathologie, et ne promet aucun résultat thérapeutique. Si une personne vient avec l’espoir de soigner une maladie, ce recadrage honnête se fait dès les premières minutes.
La préparation : l’hygiène avant tout
L’hygiène est la compétence centrale du praticien Hijama. Pas un détail. Pas une formalité.
Avant le geste, le matériel est préparé devant la personne reçue. Les lancettes et scarificateurs — utilisés pour la Hijama humide — sont à usage unique, sortis de leur emballage stérile sous les yeux du client. Les ventouses sont décontaminées selon un protocole précis. Les déchets piquants et les déchets contaminés par du sang sont collectés séparément dans des containers adaptés, exactement comme dans tout cabinet de soins en Suisse romande où la gestion des déchets à risques infectieux obéit à des règles claires.
Le praticien porte des gants à usage unique et les change si nécessaire.
Cette rigueur protège la personne reçue — et elle protège aussi le praticien. C’est la ligne rouge de tout exercice responsable. Un client qui ne voit pas son praticien ouvrir les emballages devant lui a une bonne raison de poser la question.
La phase de Hijama sèche : l’aspiration
La séance commence généralement par des ventouses sèches, parfois appelées cupping. Les ventouses — en verre, en silicone ou en plastique avec pompe — sont placées sur des zones précises : souvent le haut du dos, les épaules, parfois d’autres zones selon les habitudes du praticien et les attentes de la personne.
La pression négative crée une aspiration cutanée. On ressent une succion, un tiraillement. Pour beaucoup, la sensation est surprenante les premières secondes, puis s’installe sans inconfort majeur. Certains la trouvent presque décontractante. L’intensité varie selon la zone et la force d’aspiration.
Les ventouses restent en place plusieurs minutes. Le praticien observe la réaction de la peau : couleur, texture. Certains praticiens déplacent doucement les ventouses sur la peau (cupping glissant), d’autres les maintiennent fixes.
Pour certaines personnes, la séance s’arrête là. La Hijama sèche peut constituer la pratique entière — il n’y a pas d’obligation de passer à l’étape suivante. Tout dépend de ce que la personne a demandé et du protocole du praticien. La différence entre les deux approches est détaillée dans notre guide sur la Hijama sèche et la Hijama humide.
La Hijama humide : le geste complet
Lorsque la séance inclut du cupping humide, une phase supplémentaire s’ajoute.
Les ventouses sont retirées. Le praticien réalise alors de petites scarifications superficielles sur les zones qui ont rougi. Ce sont des micro-incisions cutanées très légères — comparables à de fines égratignures. La douleur est généralement faible : un picotement, une légère brûlure passagère. Pas de quoi alarmer, à condition d’y être préparé.
Les ventouses sont immédiatement replacées. La pression négative recueille une petite quantité de sang dans la ventouse. Après quelques minutes, les ventouses sont retirées, la peau est nettoyée avec une compresse imbibée d’antiseptique. Les déchets — ventouses souillées, compresses, containers de piquants — sont gérés selon le protocole approprié.
Ce geste implique une effraction cutanée. Ce n’est pas anodin : cela exige une formation solide à l’asepsie, une maîtrise des instruments et une connaissance sans faille des contre-indications. Ce n’est pas une pratique à apprendre sur une vidéo ou dans un stage d’un après-midi. La formation Hijama à Genève d’Anavé est justement encadrée par un médecin, une sage-femme et une infirmière diplômée ES — pas par des autodidactes — précisément parce que ce soin le demande.
Les sensations pendant la séance
Difficile de donner une réponse universelle — les sensations varient selon les individus, les zones travaillées, le type de Hijama et l’état physique du moment.
Ce que la plupart des gens décrivent : une chaleur localisée sur les zones aspirées, une pression, parfois un léger picotement lors de la scarification. Le mot qui revient le plus souvent, c’est « supportable ». Pas agréable à la manière d’un massage, mais pas douloureux non plus. Certains sont détendus dès les premières minutes ; d’autres restent sur leurs gardes jusqu’à la fin.
Ce qui surprend souvent, c’est l’aspect visuel des marques laissées par les ventouses. Des cercles colorés, qui peuvent aller du rose pâle au violacé soutenu selon la zone, la durée d’application et la peau de la personne. Ces marques s’estompent en quelques jours — parfois jusqu’à deux semaines pour les plus prononcées. Ne pas en être informé peut être désagréable, surtout si l’on a des engagements professionnels ou sociaux dans les jours qui suivent.
Après la séance : les consignes pratiques
Quelques précautions valent la peine d’être suivies :
- Ne pas mouiller les zones traitées pendant 24 heures — ni douche chaude, ni bain. La peau a besoin de temps pour récupérer après l’aspiration et, pour la Hijama humide, l’effraction cutanée.
- Couvrir les zones traitées : courants d’air et exposition au froid sont déconseillés.
- Bien s’hydrater dans la journée et aider le corps à se reposer — éviter tout effort physique intense le soir même.
Dans les heures qui suivent, il est courant de ressentir de légers picotements sur les zones traitées. C’est la peau qui réagit à l’aspiration — normal, et passager. Une légère fatigue en soirée est aussi fréquente : le corps a travaillé. La bonne attitude, c’est de s’écouter, de boire suffisamment et de se ménager le reste de la journée.
Ce qu’une séance de Hijama n’est pas
La Hijama est une pratique de bien-être. Elle ne traite pas de pathologie. Elle ne remplace pas un suivi médical. Elle ne guérit rien.
En Suisse, les professionnels de santé réglementés — médecins, infirmiers, physiothérapeutes — exercent sous des autorisations cantonales et des titres protégés par la Loi fédérale sur les professions de la santé (LPSan). La Hijama n’est pas dans ce périmètre. Un praticien bien-être ne pose pas de diagnostic. Il n’ajuste pas un traitement. Il n’interprète pas de résultats d’analyse.
Si une personne vient en espérant un effet thérapeutique précis ou une alternative à une prise en charge médicale, la réponse honnête est de l’orienter vers son médecin. Les praticiens sérieux le font — pas seulement parce qu’ils y ont intérêt sur le plan légal, mais parce que c’est juste.
Pour les futurs praticiens : ce que ce déroulé dit de la formation
Si vous lisez ce guide depuis la perspective de quelqu’un qui envisage d’apprendre la Hijama, chaque étape décrite ci-dessus dit quelque chose d’important : toutes supposent des compétences acquises, pas devinées.
Recueillir une anamnèse et identifier une contre-indication. Travailler en asepsie rigoureuse. Gérer des déchets à risques infectieux selon les normes en vigueur. Accompagner une personne qui n’a jamais expérimenté ce soin et qui ne sait pas ce qu’elle va ressentir. Ça ne s’improvise pas. Et ça ne s’apprend pas en regardant des tutoriels.
La formation Hijama à Genève proposée par Anavé est construite autour de cette réalité : trois jours en présentiel, en petit groupe, avec des formateurs issus du monde médical. Chaque geste est pratiqué et repris jusqu’à ce qu’il soit propre. L’attestation délivrée à l’issue valide les compétences techniques acquises et pose un cadre clair pour exercer en Suisse romande.
Pour aller plus loin sur le métier, le statut juridique et les débouchés, le guide pour devenir praticien Hijama en Suisse détaille l’ensemble du parcours.
Ce guide décrit la pratique de la Hijama comme accompagnement du bien-être. Il ne constitue pas un avis médical et ne se substitue pas à une consultation médicale. En cas de doute sur votre état de santé ou sur la compatibilité de cette pratique avec votre situation, consultez votre médecin.